Doryphore
Leptinotarsa decemlineata (coléoptère, famille des chrysomèles) · doryphore de la pomme de terre





Reconnaître les symptômes
Le doryphore se voit à l'œil nu : on trouve presque toujours l'insecte avant de chercher la cause. Adultes et larves dévorent le feuillage des pommes de terre, des aubergines et, plus rarement, des tomates.
- Adulte : un coléoptère bombé d'environ 1 cm, aux élytres jaune crème rayés de 10 bandes noires, tête et thorax orangés tachés de noir.
- Œufs : petits fuseaux jaunes puis orange, collés en paquets de 10 à 50 sous les feuilles.
- Larves : dodues et bossues, rouge orangé, tête noire et deux rangées de points noirs sur les flancs. Elles mangent en groupe au sommet des plants.
- Dégâts : feuilles rongées depuis le bord, puis réduites aux nervures ; plant entièrement défolié en cas de forte attaque. Des crottes noires sur les feuilles. Sur pomme de terre, les tubercules restent petits.
Le signe qui tranche : retourne les feuilles du haut. Paquets d'œufs orange, larves rouges à points noirs ou adultes rayés : c'est lui. Des chenilles laissent des dégâts semblables, mais on ne trouve alors ni larve bossue ni adulte rayé.
Attention aux coccinelles, à épargner : leurs œufs sont jaune citron, plus pâles que ceux du doryphore, et pondus près des colonies de pucerons. Leurs larves sont allongées, grises tachées de jaune, vives, et chassent les pucerons ; celles du doryphore sont rouges, bossues et mangent la feuille.
Si rien n'est fait : les larves défolient le plant en quelques semaines et une deuxième génération suit en été ; la récolte de tubercules baisse fortement, surtout si l'attaque tombe à la floraison.
Ramassé tôt et souvent, il ne fait plus de gros dégâts ; il revient si l'on replante au même endroit.
Comment lutter contre ce ravageur
Pour lutter contre le doryphore au jardin, le ramassage à la main reste le moyen le plus sûr. Un insecticide autorisé ne sert qu'en renfort, sur de jeunes larves.
Fais le tour des plants et fais tomber adultes et larves dans un seau d'eau savonneuse. Commence dès les premiers adultes du printemps : chacun retiré, c'est des centaines d'œufs en moins.
Retourne les feuilles et écrase les paquets d'œufs orange. Vérifie d'abord qu'il ne s'agit pas d'œufs de coccinelle, plus pâles, près des pucerons.
La sortie des adultes est étalée et une deuxième génération arrive en été : un passage deux fois par semaine évite d'être débordé.
Un plant de pomme de terre supporte de perdre une partie de ses feuilles sans perte de récolte. Le moment le plus sensible, c'est la floraison.
Le spinosad existe en gamme jardin, autorisé contre le doryphore sur pomme de terre, tomate et aubergine. Vise les jeunes larves, deux traitements au plus. Il est toxique pour les abeilles et certains auxiliaires : jamais sur des plantes en fleurs, ni à moins de 5 m d'un point d'eau. Respecte le délai avant récolte indiqué sur l'étiquette.
Rythme : Spinosad : 2 passages au maximum, à 10 jours d'écart sur pomme de terre, 7 jours sur tomate et aubergine.
Aucun pesticide de synthèse : interdits aux jardiniers amateurs depuis 2019 (loi Labbé).
Sources
Dernière vérification : 2026-10-23
Comment prévenir
Le doryphore passe l'hiver dans le sol, là où poussaient les pommes de terre. La prévention consiste surtout à ne pas lui servir le couvert au même endroit l'année suivante.
Ne replante pas pommes de terre, aubergines ou tomates au même endroit avant plusieurs années (4 ans conseillés). Plus la nouvelle parcelle est loin, plus les adultes mettent de temps à la trouver.
Retourne les feuilles du haut deux fois par semaine dès que les pommes de terre sortent de terre : les premiers adultes et leurs pontes s'écrasent facilement.
Un paillage de paille entre les rangs gêne les déplacements des adultes et la nymphose des larves, et abrite des prédateurs.
Sur un petit carré, un voile posé dès la plantation empêche les adultes de s'installer. Les pommes de terre n'ont pas besoin des insectes pour produire.
Des pommes de terre précoces sont déjà bien développées quand les doryphores pullulent. Surveille de près les aubergines et tomates tardives.
Arrache les repousses de pommes de terre et les morelles, datura et autres solanacées sauvages autour du potager : elles nourrissent le doryphore.