Aleurodes
Trialeurodes vaporariorum (aleurode des serres) · Aleyrodes proletella (aleurode du chou) · Bemisia tabaci · mouche blanche · aleurode des serres · aleurode du chou






Reconnaître les symptômes
Les aleurodes sont de minuscules insectes de 1 à 3 mm, aux quatre ailes blanches poudrées de cire, qu'on appelle souvent « mouches blanches ». Ils vivent en groupe au revers des jeunes feuilles et piquent la plante pour en sucer la sève.
- Nuage blanc quand on touche la plante : les adultes s'envolent tous ensemble, puis se reposent aussitôt sous les feuilles.
- Œufs pondus en cercle sous les jeunes feuilles, à peine visibles à l'œil nu.
- Larves plates, ovales et immobiles, vert pâle et translucides, collées au revers des feuilles plus âgées : on les prend souvent pour des cochenilles. Une loupe aide.
- Feuilles collantes puis noircies : le miellat rejeté par les aleurodes se couvre de fumagine, une moisissure noire qui gêne la photosynthèse et salit les fruits.
- En forte attaque, feuilles qui jaunissent, croissance ralentie et feuilles qui tombent.
Le signe qui tranche : secoue la plante. Si un nuage de petites « mouches » blanches s'envole puis se repose sous les feuilles, ce sont des aleurodes.
Selon la culture :
- Tomate, aubergine, poivron : surtout sous serre et en été, par l'aleurode des serres. Une espèce proche, Bemisia tabaci, peut transmettre à la tomate des virus qui, eux, ne se soignent pas.
- Courgette, concombre, courge, melon : attaques rapides en plein été, aussi en plein air.
- Choux, surtout chou-fleur et chou frisé : l'aleurode du chou, reconnaissable aux deux taches grises de chaque aile, s'installe en fin d'été et reste tout l'hiver. Le vrai dégât est la fumagine, qui rend les feuilles peu appétissantes.
Une larve parasitée devient noire ; une nymphe vide percée d'un trou rond a été tuée par une petite guêpe auxiliaire. Ne la détruis pas.
Si rien n'est fait : par temps chaud, les populations doublent à chaque génération et envahissent la serre en quelques semaines. Les feuilles se couvrent de fumagine et jaunissent, la récolte baisse et les fruits sont salis ; un virus transmis, lui, ne se soigne pas.
On réduit bien les populations, sans les éliminer ; un virus déjà transmis, lui, ne se soigne pas.
À ne pas confondre
PuceronsRavageursLes pucerons restent en place quand on secoue la plante, sans ailes pour la plupart, avec deux cornicules à l'arrière. Les aleurodes s'envolent en nuage de minuscules « mouches » blanches.
Voir la fiche Tétranyque (araignée rouge)RavageursLe tétranyque, invisible sans loupe, pique la feuille de points clairs et tisse de fines toiles. Rien ne s'envole quand on secoue la plante.
Voir la ficheComment lutter contre ce ravageur
Pour lutter contre les aleurodes, agis tôt et vise le revers des feuilles, là où vivent adultes et larves. On ne les élimine jamais tout à fait : le but est de garder la population basse.
Coupe les feuilles du bas couvertes de larves et de fumagine, et sors-les du jardin : tu enlèves d'un coup des centaines de futurs adultes.
Un jet d'eau dirigé sous les feuilles déloge une partie des adultes et rince le miellat. Le matin, pour que le feuillage sèche dans la journée.
Une petite guêpe, Encarsia formosa, et des punaises prédatrices comme Macrolophus sont vendues pour les serres. Elles demandent de la chaleur (au moins 20 °C) et se lâchent dès les premiers adultes ; dehors, elles sont peu efficaces.
Un insecticide à l'huile essentielle d'orange de la gamme jardin (biocontrôle, mention « emploi autorisé dans les jardins ») tue par contact. Selon les marques, il est autorisé sur tomate, aubergine, poivron, cucurbitacées et choux : vérifie que ta culture figure sur l'étiquette. Mouille bien le revers des feuilles, le soir, jamais en plein soleil.
Un insecticide à l'huile de colza de la gamme jardin (biocontrôle) est aussi autorisé contre les aleurodes sur tomate, aubergine, poivron, laitue et cucurbitacées comme la courgette. Même méthode : revers des feuilles bien mouillé, le soir.
Si beaucoup de nymphes sont noires ou percées d'un trou rond, les guêpes parasites travaillent déjà : n'utilise aucun produit, qui les tuerait aussi.
Rythme : Huile d'orange ou de colza : 3 à 6 passages au plus et arrêt 1 à 2 jours avant la récolte, selon l'étiquette ; auxiliaires : dès les premiers adultes.
Aucun pesticide de synthèse : interdits aux jardiniers amateurs depuis 2019 (loi Labbé).
Sources
Dernière vérification : 2026-10-23
Comment prévenir
Les aleurodes arrivent presque toujours avec un plant acheté ou depuis les mauvaises herbes voisines : la prévention consiste à ne pas les faire entrer et à les repérer tôt.
Retourne les feuilles des plants de tomate, d'aubergine ou de poivron achetés : la moindre « mouche » blanche ou larve plate, et le plant reste dehors ou repart.
Les aleurodes se multiplient aussi sur les mauvaises herbes, puis passent sur les cultures. Désherbe les planches et les bordures, serre comprise.
Un piège jaune englué suspendu au-dessus des plants signale l'arrivée des premiers adultes. Regarde-le chaque semaine, et retourne quelques feuilles en même temps.
Un feuillage tendre, poussé par trop d'engrais azoté, attire les aleurodes. Fertilise modérément.
Un voile anti-insectes posé dès la plantation tient l'aleurode du chou à distance, à condition qu'il n'y en ait pas déjà dessous.
Laisse la serre ou le tunnel vides de toute plante quelques semaines en hiver, sans garder de plantes d'intérieur dedans : le cycle de l'aleurode des serres s'arrête.
Dès la dernière récolte, arrache et évacue les plants de tomate, de courgette et les restes de choux : ils hébergent les dernières générations.
De petites guêpes parasites et des punaises prédatrices s'attaquent aux aleurodes, et certaines sont naturellement présentes au jardin. Évite tout insecticide à large spectre qui les tuerait.