Tétranyque (araignée rouge)
Tetranychus urticae (tétranyque tisserand) · Tetranychus cinnabarinus (forme rouge brique) · araignée rouge · tétranyque tisserand · tétranyque à deux points






Reconnaître les symptômes
Le tétranyque n'est pas un insecte mais un acarien : moins d'un demi-millimètre, huit pattes, jaunâtre à verdâtre avec deux taches sombres sur le dos. Les formes qui hivernent, et une espèce voisine, sont rouge orangé : d'où le nom d'« araignée rouge ». À l'œil nu, on voit surtout ses dégâts.
- Feuilles piquetées de points clairs : chaque piqûre vide une cellule, et la feuille se couvre d'une fine moucheture blanchâtre à jaunâtre, d'abord le long des nervures.
- Fines toiles au revers, puis entre les feuilles et au bout des tiges quand la population explose. De minuscules points bougent dedans.
- Feuillage terne, bronzé ou jaune : les points se rejoignent, la feuille perd sa couleur et prend un aspect poussiéreux.
- Feuilles qui sèchent et tombent lors des fortes attaques, en commençant par le bas ou par les plants les plus exposés au soleil.
Le signe qui tranche : secoue une feuille atteinte au-dessus d'une feuille de papier blanc. De minuscules points qui se mettent à courir, ce sont des tétranyques. À la loupe (×10), on voit les huit pattes et les deux taches. Pas de miellat, pas de feuilles crispées.
Selon la culture :
- Haricot : l'un des plus touchés ; les feuilles se piquettent puis jaunissent en plages.
- Concombre, melon : moucheture jaune sur tout le limbe, toiles au revers, surtout sous abri.
- Tomate, aubergine, poivron : feuilles ternes et bronzées, toiles au bout des tiges sur les plants très atteints.
Si rien n'est fait : par temps chaud et sec, les générations se succèdent en une semaine : les feuilles se décolorent, se couvrent de toiles, sèchent et tombent, et le plant affaibli ne produit presque plus.
Pris dès les premiers points clairs, il se contient bien ; sous abri en canicule, il faut agir vite.
À ne pas confondre
PuceronsRavageursLes pucerons se voient à l'œil nu, en colonies sur les jeunes pousses, qu'ils crispent et couvrent de miellat collant. Le tétranyque, presque invisible, pique la feuille de points clairs et tisse de fines toiles : il faut une loupe.
Voir la fiche OïdiumMaladiesL'oïdium forme une poudre blanche sur le dessus des feuilles, qui s'essuie au doigt. Le tétranyque donne une moucheture de points clairs, sans poudre, avec de fines toiles au revers.
Voir la fiche AleurodesRavageursSecoue la plante : les aleurodes s'envolent en nuage de minuscules « mouches » blanches. Le tétranyque ne vole pas, il court sur la feuille et tisse des toiles.
Voir la ficheComment lutter contre ce ravageur
Pour lutter contre le tétranyque, mise d'abord sur l'eau et sur les acariens prédateurs. En renfort, deux produits de biocontrôle de la gamme jardin existent : l'huile de colza, autorisée sur les légumes, et l'huile d'orange, sous abri seulement.
Un jet d'eau assez fort sous les feuilles décroche les tétranyques et détruit leurs toiles. Fais-le le matin, pour que le feuillage sèche dans la journée, et recommence tant qu'il en reste.
Dans la serre ou le tunnel, bassine longuement et régulièrement le feuillage et les allées par temps chaud : l'air humide ralentit fortement les tétranyques.
Coupe les feuilles couvertes de toiles et sors-les du jardin, dans un sac fermé. Arrache un plant entièrement envahi plutôt que de le laisser contaminer ses voisins.
Sous abri, Phytoseiulus persimilis dévore les tétranyques. Lâche-le sur les premiers foyers, entre 13 et 32 °C, avec au moins 60 % d'humidité. Il circule mal sur la tomate, dont les tiges sont collantes.
Un acaricide à l'huile de colza de la gamme jardin est autorisé contre les acariens sur les légumes. Celui à l'huile essentielle d'orange l'est sur tomate, aubergine et poivron, sous abri seulement. Tous deux tuent aussi les auxiliaires : jamais en même temps qu'un lâcher de prédateurs.
Le purin d'ortie et les décoctions sont parfois conseillés contre l'araignée rouge, sans efficacité démontrée. Ils ne remplacent ni l'eau ni les prédateurs.
Rythme : Douches : le matin, à répéter ; prédateurs : dès les premiers foyers ; huile de colza ou d'orange : 3 à 5 passages au plus, espacés selon l'étiquette.
Aucun pesticide de synthèse : interdits aux jardiniers amateurs depuis 2019 (loi Labbé).
Sources
Dernière vérification : 2026-10-23
Comment prévenir
Le tétranyque déteste l'humidité : un sol arrosé régulièrement, un feuillage rafraîchi par temps chaud et un jardin riche en auxiliaires suffisent souvent à le tenir à distance.
Un plant qui a soif attire le tétranyque. Arrose régulièrement au pied, surtout en période de canicule et sous abri, sans laisser le sol sécher en profondeur.
Par forte chaleur, brumise les allées et le feuillage de la serre ou du tunnel en début de journée : l'humidité freine sa multiplication.
Dès les premières chaleurs, retourne quelques feuilles de haricot, de concombre ou d'aubergine. Une loupe et une feuille de papier blanc suffisent pour le repérer tôt.
Coccinelles, chrysopes, punaises prédatrices et acariens prédateurs le régulent. Évite les insecticides à large spectre, qui tuent ses ennemis et le font pulluler ensuite.
Certaines herbes spontanées hébergent le tétranyque et le relaient vers les cultures. Désherbe les bordures des planches et des abris.
Arrache et sors du jardin les plants très atteints et les débris végétaux : les femelles y passent l'hiver.
Il voyage sur les mains, les vêtements et les outils. Travaille les plants atteints en dernier.