Hernie du chou
Plasmodiophora brassicae — micro-organisme du sol (protiste), souvent classé avec les champignons · hernie des crucifères


Reconnaître les symptômes
La hernie attaque les racines de toute la famille du chou. Au-dessus du sol, les signes sont flous ; c'est en arrachant un plant qu'on la reconnaît à coup sûr.
- Plant chétif qui végète, ne pomme pas ou reste petit.
- Feuillage qui fane aux heures chaudes puis se redresse le soir ou par temps frais.
- Feuilles jaunes, vert pâle ou violacées.
- Racines déformées par de grosses galles, renflées, en forme de massue, avec très peu de radicelles. En sol humide, ces galles finissent par pourrir.
Le signe qui tranche : arrache un chou qui fane alors que le sol est frais. Si ses racines forment des boules et des massues au lieu d'un chevelu fin, c'est la hernie. Des racines normales, saines, sur un plant qui fane : cherche plutôt un manque d'eau ou un ravageur du collet.
Selon la culture :
- Chou, brocoli, chou-fleur, chou de Bruxelles : galles sur la racine principale et les racines latérales, plants nains.
- Navet, radis : racines déformées, couvertes de renflements.
- Adventices : la bourse-à-pasteur, la ravenelle et la moutarde sauvage l'hébergent aussi.
Si rien n'est fait : les galles grossissent et pourrissent dans le sol humide, en y libérant de nouvelles spores ; le plant reste chétif, ne pomme pas et peut mourir.
Un plant atteint ne guérit pas et le sol reste contaminé des années ; on vit avec en corrigeant le pH et en espaçant les choux.
Comment traiter
Pour traiter la hernie du chou, il n'existe aucun produit au jardin : on retire les plants malades et on rend le sol défavorable à la maladie pour les cultures suivantes.
Dès qu'un plant se révèle atteint, arrache-le avec toutes ses racines, avant que les galles ne pourrissent et ne libèrent leurs spores dans le sol.
Jette les racines malades en déchetterie ou avec les ordures, pas au compost : les spores y survivraient.
Mesure le pH et chaule la planche contaminée pour le remonter au-dessus de 7, puis entretiens-le d'année en année.
Cultive les prochains choux sur une planche saine, et laisse la planche contaminée sans crucifères le plus longtemps possible.
Rythme : Arrachage dès les premiers plants touchés ; chaulage avant plantation ; choux de retour au même endroit au bout de 4 ans au moins.
Aucun pesticide de synthèse : interdits aux jardiniers amateurs depuis 2019 (loi Labbé).
Sources
Dernière vérification : 2026-11-01
Comment prévenir
Aucun produit ne débarrasse le sol de la hernie : tout repose sur la rotation, un sol bien drainé et un pH relevé au-dessus de 7.
Ne cultive pas de chou, navet, radis ou autre crucifère au même endroit avant au moins 4 ans, davantage si la hernie a déjà été vue. Évite aussi les engrais verts de la même famille, comme la moutarde.
Teste le pH de ta terre. S'il est acide, chaule avant la plantation pour le remonter au-dessus de 7 : la maladie recule fortement, sans disparaître.
La hernie aime les sols détrempés et tassés. Améliore le drainage, par exemple en cultivant les choux en buttes ou en planches surélevées.
Achète tes plants de choux chez un producteur fiable, et méfie-toi des plants donnés par un voisin dont le jardin pourrait être contaminé.
Sur un sol déjà touché, élève les choux plus longtemps en godet, dans un terreau sain : un plant bien enraciné résiste mieux.
Nettoie bottes, outils et brouette après avoir travaillé une planche contaminée : un peu de terre suffit à transporter la maladie.
Bourse-à-pasteur, ravenelle et moutarde sauvage entretiennent la maladie dans le sol. Désherbe-les autour des choux.
Si la hernie est présente, préfère des variétés marquées résistantes (mention « Pb » dans les catalogues).
Quelques variétés montrent une certaine résistance : choux 'Kilaxy F1', 'Kilaton F1', 'Kilazol F1' ; chou-fleur 'Clapton F1', 'Clarify F1' ; brocoli 'Monclano F1' ; chou de Bruxelles 'Crispus F1', 'Cryptus F1'. Les catalogues signalent la résistance par « Pb ». [À VÉRIFIER — disponibilité dans un catalogue semencier français]