Mosaïque du concombre
Cucumber mosaic virus (CMV), genre Cucumovirus · CMV · virus de la mosaïque du concombre






Reconnaître les symptômes
La mosaïque du concombre est un virus : il envahit toute la plante et les symptômes apparaissent d'abord sur les jeunes feuilles. Malgré son nom, elle touche aussi les courgettes, melons, tomates, poivrons, salades, épinards et le céleri.
- Mosaïque : plages vert clair à jaunes mêlées à du vert foncé, comme une marqueterie, sur les jeunes feuilles.
- Feuilles déformées : gaufrées, cloquées, plus petites, souvent recourbées vers le bas.
- Plant rabougri, entre-nœuds courts, croissance bloquée quand l'infection est précoce.
- Fleurs déformées ou verdâtres, qui tombent : la production s'arrête.
- Fruits petits, déformés, marbrés de jaune et de vert, parfois bosselés ou verruqueux.
Selon la culture :
- Courgette, courge, melon, concombre : mosaïque jaune vif, feuilles qui rapetissent, fruits bosselés et marbrés. C'est sur courgette et melon que c'est le plus grave.
- Tomate : le signe typique, ce sont des feuilles filiformes, réduites à une lanière ou presque à leur nervure (feuillage « en lacets »). Parfois des stries brunes sur les tiges et des anneaux bruns sur les fruits.
- Poivron, aubergine : mosaïque, anneaux jaunes ou nécrosés, fruits petits et déformés.
- Salade : marbrures discrètes en été, plante rabougrie, plus visible en automne.
Le signe qui tranche : une marbrure irrégulière sur les feuilles jeunes, avec des feuilles déformées, et aucun insecte ni feutrage au revers. Un champignon laisse un dépôt, des pucerons se voient ; un virus, non.
Sur courgette et autres cucurbitacées, d'autres virus (mosaïque jaune de la courgette, mosaïque de la pastèque) donnent des symptômes très proches. Seule une analyse en laboratoire les distingue, mais au jardin on les gère de la même façon.
Les fruits d'un plant malade se mangent sans risque : les virus des plantes ne touchent pas l'humain.
Si rien n'est fait : le virus gagne toute la plante, les nouvelles pousses restent naines et déformées, et la floraison puis la récolte s'arrêtent ; le plant malade sert de réservoir, et les pucerons propagent le virus aux plants voisins.
Un plant atteint reste malade à vie : on l'arrache et on protège ses voisins.
À ne pas confondre
PuceronsRavageursLes pucerons crispent et collent les feuilles, et on les voit au revers avec leur miellat. La mosaïque marbre la feuille de vert clair et de vert foncé sans aucun insecte. Les deux vont souvent ensemble : les pucerons transmettent le virus.
Voir la fiche Carence en magnésiumCarencesLa carence en magnésium jaunit d'abord les vieilles feuilles du bas, entre des nervures restées vertes, sans déformer la feuille. La mosaïque touche d'abord les jeunes feuilles, en plaques irrégulières, et les gaufre ou les déforme.
Voir la ficheComment traiter
Il n'existe aucun produit pour traiter la mosaïque du concombre, ni au jardin ni en agriculture : un plant infecté le reste. Le seul « traitement », c'est d'empêcher le virus de passer aux plants sains.
Mosaïque sur les jeunes feuilles, feuilles déformées, aucun insecte ni dépôt au revers : c'est le tableau d'un virus. S'il y a des pucerons ou une carence, la suite change.
Arrache-le en entier, racines comprises, et sors-le du potager : poubelle ou compost qui chauffe bien. Laissé en place, il contamine ses voisins.
Le virus se transmet par contact. Lave-toi les mains et nettoie tes outils avant de toucher un autre plant.
Contre le virus, un insecticide, même autorisé au jardin, agit trop lentement : le puceron a déjà transmis le virus. Il peut même faire bouger les pucerons et étendre la contamination.
Dans les semaines qui suivent, regarde les jeunes feuilles des plants proches et arrache tout nouveau plant atteint.
Un plant touché en fin de saison peut finir sa récolte : ses fruits se mangent sans risque. Mais il reste une source de virus : arrache-le s'il a des voisins jeunes.
Aucun pesticide de synthèse : interdits aux jardiniers amateurs depuis 2019 (loi Labbé).
Sources
Dernière vérification : 2026-10-22
Comment prévenir
Comme on ne soigne pas un virus, tout se joue avant : couper la route aux pucerons qui l'apportent et supprimer les plantes qui le gardent en réserve.
Pour le concombre, la courgette, le melon et le poivron, des variétés résistantes ou tolérantes au CMV existent. Regarde les résistances indiquées sur le sachet ou le catalogue (sigle CMV).
Laiteron, pourpier, capselle, morelle et mouron des oiseaux gardent le virus pendant l'hiver. Désherbe les planches et leurs abords, surtout au printemps.
Un voile anti-insectes posé dès la plantation empêche les pucerons d'apporter le virus quand les plants sont les plus fragiles. Retire-le à la floraison pour les fleurs qui ont besoin des insectes.
Achète ou produis des plants vigoureux, et ne repique pas de jeunes plants à côté d'une culture déjà atteinte.
Un plant malade est une réserve de virus pour tous ses voisins. Plus tu l'enlèves tôt, moins les pucerons ont le temps de propager le virus.
Le virus passe aussi par les mains et les outils. Touche les plants sains avant les plants suspects, jamais l'inverse.
Chez certaines courges, le virus peut passer dans la graine. Ne récolte pas de semences sur un plant qui a présenté des symptômes.
Concombre, courgette, melon, poivron, laitue et épinard : des variétés résistantes ou tolérantes au virus de la mosaïque du concombre existent. Cherche le sigle CMV dans les résistances indiquées sur le sachet ou le catalogue. Une résistance limite les symptômes, elle ne rend pas la plante invulnérable.